Entrez dans les coulisses du luxe pour bâtir votre avenir
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L’ESG Luxe et So Youth! publient la deuxième édition de leur baromètre «Jeunes & Carrières dans le Luxe», une enquête quantitative menée auprès de 402 jeunes de 18 à 25 ans intéressés par l’univers du luxe.
Réalisée en février 2026, cette étude analyse en profondeur les représentations, les aspirations professionnelles et les freins perçus par une génération qui continue de regarder le luxe comme un horizon professionnel désirable, mais exigeant et parfois difficile d’accès. Malgré les turbulences économiques que traverse le secteur, le luxe continue de faire rêver les jeunes générations.
Il demeure associé à un imaginaire puissant de triple réussite : financière, statutaire et sociale. Pourtant, derrière cette désirabilité persistante, un doute s’installe : le luxe est-il vraiment accessible pour les jeunes talents ?
Perçu comme sélectif, codifié, et intimidant, ce secteur fait naître chez les jeunes la crainte de ne pas disposer des bons repères culturels ou relationnels pour s’y intégrer.
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76% des jeunes intéressés par l’univers du luxe déclarent souhaiter y travailler.
Le chiffre confirme la puissance d’attractivité d’un secteur associé à l’excellence, à la créativité et à la réussite.
TROIS MOTEURS PRINCIPAUX ÉMERGENT
Le luxe incarne d’abord l’excellence et le savoir-faire, un univers où «chaque détail» compte » et où la rigueur devient une valeur cardinale. Il représente ensuite un espace de sens et d’expression, un secteur porteur d’identité, d’esthétique et d’incarnation.
Enfin, il reste associé à une promesse de progression sociale :
36% évoquent explicitement le salaire et les perspectives de progression sociale comme motivation majeure
Si l’attrait pour le luxe reste fort, les univers dans lesquels les jeunes se projettent évoluent sensiblement. L’étude révèle une recomposition majeure des aspirations professionnelles : les parfums et cosmétiques arrivent désormais en tête des secteurs les plus attractifs, avec 40% des citations, devant la mode et la haute couture.
En 2023, la mode domine largement les projections (61%) ; en 2026, elle chute à 35%, soit un recul de 26 points. Ce déplacement marque la fin de l’hégémonie symbolique de la mode dans l’imaginaire professionnel des jeunes.
Il traduit un intérêt croissant pour des univers associés au soin, au bien-être et à l’innovation scientifique, mais aussi une perception plus stable que celle de la mode, aujourd’hui exposée aux critiques environnementales et sociales. Les projections restent toutefois genrées : les femmes se tournent davantage vers les univers esthétiques et relationnels, tandis que les hommes privilégient plus volontiers les dimensions technologiques et R&D.
« Un rêve… mais je ne suis pas sûr d’y avoir ma place. » « C’est un petit écosystème à part. »
Si le luxe attire, il intimide :
Les verbatims recueillis traduisent une ambivalence croissante et le sentiment d’illégitimité traverse les réponses : « Beaucoup de networking et de codes à avoir. » « Un environnement trop compétitif. » « Un univers très codifié, presque un monde à part.»
Ainsi, près de deux tiers des jeunes qui ne souhaitent pas rejoindre le secteur du luxe estiment qu’il est difficile de s’y sentir à l’aise, contre moins de la moitié parmi ceux qui envisagent d’y travailler. Le sentiment de ne pas « être à sa place » dans cet univers constitue un frein important.
"Le luxe s’est construit sur une logique de distinction et de hiérarchie symbolique. Or les jeunes ont grandi dans une société plus horizontale. Le prestige attire, mais l’image de rigidité associée au secteur peut créer une distance. Les nouvelles générations valorisent l’authenticité, la flexibilité, l’autonomie. L’ambiance de travail conditionne leur envie de s’engager." explique Béatrice Decoop, sociologue en charge de l’enquête et fondatrice de So Youth !
"Lorsque je suis arrivée dans le luxe il y a une dizaine d’années, l’accès à ce milieu était plus fermé et très marqué par les relations. Aujourd’hui, il s’est largement démocratisé. Le réseau peut toujours constituer un avantage, mais il n’est absolument pas une condition indispensable pour intégrer le secteur. Au quotidien, de nombreux candidats viennent spontanément déposer leur CV en boutique, souvent avec assurance et en se sentant légitimes à le faire. En revanche, lors des entretiens, il arrive que certains jeunes, pourtant très prometteurs, expriment une forme d’appréhension. Ils peuvent se demander s’ils sont réellement à leur place dans un environnement aussi exigeant que celui du luxe." rappelle Sarah Nadir, Directrice Dior Homme Bon Marché et intervenante ponctuelle à l’ESG Luxe.
Pour Olivier Nicolay, ancien Président de CHANEL UK, Amérique Latine et Canada et parrain de l’ESG Luxe, ce sentiment d’illégitimité repose en partie sur une perception biaisée du secteur : "Il n’y a aucune raison de se sentir intimidé : dans les maisons de luxe, la majorité des collaborateurs ont des profils tout à fait classiques. Si la concurrence est forte et peut créer un sentiment de ne pas être à sa place, l’accès au secteur passe avant tout par l’expérience de terrain."
Pour les entreprises du luxe, l’enjeu est stratégique : clarifier les règles, objectiver les critères de recrutement et rendre concrètes les trajectoires professionnelles.
Le luxe est ainsi vu comme un univers sélectif, où les règles ne sont pas toujours explicites. Mais cette perception s’accompagne d’incertitudes sur l’ouverture réelle du secteur à la diversité des profils. Un jeune sur deux estime que les marques de luxe sont ouvertes à des parcours variés, qu’il s’agisse d’origine sociale, de formation ou d’apparence.
Mais 26 % pensent le contraire et un quart des répondants ne se prononce pas. Cette hésitation massive révèle une image encore floue du degré d’inclusion du secteur. La perception évolue toutefois avec l’âge. 27 % des 22-25 ans jugent le secteur ouvert, contre 18 % des 18-21 ans. L’expérience concrète du marché du travail semble atténuer certains stéréotypes.
Ce n’est pas l’origine sociale qui distingue le plus les perceptions, mais le genre.
Les femmes perçoivent davantage la compétition interne, les mécanismes de sélection informels et les normes implicites de présentation. Cette sensibilité renvoie à la crainte d’un plafond de verre et à une vigilance accrue face aux critères non écrits de légitimité.
"Nous sommes face à un paradoxe : le luxe est un secteur très féminisé, mais les femmes y perçoivent davantage de mécanismes de sélection. On observe une double exigence, sociale et esthétique : faire la preuve de sa légitimité tout en se conformant à des standards de présentation plus normés." explique Béatrice Decoop.
La formation apparaît comme un levier d’acculturation aux codes, un outil d’expérience via les stages et l’alternance, et un moyen de réduire le sentiment d’illégitimité.
Derrière l’expérience professionnelle (stages, alternance, jobs), la maîtrise des codes - façons de parler, de s’habiller, de se comporter - arrive presque au même niveau (44 %), suivie de près par la maîtrise d’une langue étrangère des grands marchés du luxe (43 %).
Ces résultats montrent que, pour les 18-25 ans interrogés, l’accès au luxe repose sur un triptyque clair : expérience concrète, acculturation aux codes et ouverture internationale. Le capital relationnel et symbolique reste important, mais il doit désormais s’appuyer sur des compétences tangibles et identifiables.
"Le luxe peut sembler impressionnant quand on le découvre. On a parfois l’impression qu’il faut en connaître déjà tous les codes pour y entrer. En réalité, ces codes s’apprennent avec la formation et l’expérience. Ce qui fait vraiment la différence, c’est la motivation et la passion pour cet univers." souligne Manon Berganton, en poste au sein du Groupe Rolex, diplômée ESG Luxe.
"Beaucoup de jeunes, pourtant passionnés, n’osent pas franchir le pas par peur de ne pas être à leur place. D’ailleurs, 30 % des excellents profils s’interdisent de postuler à cause de clichés persistants. C’est précisément là que notre rôle devient crucial. Pour les aider à surmonter ce sentiment d’illégitimité, nous avons mis en place un programme intensif dédié à la «business étiquette» et aux codes du luxe.
L’idée est de leur donner les clés culturelles nécessaires pour se sentir chez eux dans cet univers, et leur faire acquérir les bonnes attitudes et les bonnes clés de lecture. Nous luttons contre ce doute en enseignant les fondamentaux, mais surtout en les immergeant immédiatement dans le concret via des projets et des stages.
La confiance ne se décrète pas, elle s’acquiert par l’expérience. Ces résultats nous encouragent à continuer à multiplier les job datings avec les plus grandes Maisons, ainsi que les projets pédagogiques internationaux pour permettre à nos étudiants de se distinguer à l’échelle mondiale." conclut Julien Blanc, Directeur ESG Luxe.
La création et le design arrivent en tête des projections (36 %), suivis par l’événementiel (34 %) et le marketing & communication (26 %). Le luxe continue ainsi d’être perçu comme un univers d’expression, de narration et de mise en scène.
"Cette édition confirme que nous devons continuer à relever des défis de taille, à commencer par la désirabilité des fonctions de vente et de service. Bien que ces métiers soient le cœur battant du secteur, ils peinent encore à attirer les candidats. C’est pourquoi nous œuvrons à diversifier les profils en attirant davantage de mixité et en brisant enfin ce «plafond de verre» qui persiste." rappelle Julien Blanc, Directeur ESG Luxe.
L’analyse détaillée révèle des imaginaires différenciés selon le genre. 41 % des femmes se projettent dans la création, contre 31 % des hommes. L’écart est encore plus marqué pour l’événementiel : 49 % des femmes l’envisagent, contre 20 % des hommes. À l’inverse, les hommes se tournent davantage vers les métiers technologiques et stratégiques : 27 % citent la tech & le digital (vs 8 % des femmes) et 19 % la R&D (contre 11 % des femmes).
MÉTHODOLOGIE
Enquête quantitative menée en ligne du 2 au 6 février 2026 auprès de 402 jeunes de 18 à 25 ans déclarant un intérêt pour l’univers du luxe. Échantillon rééquilibré pour refléter une parité femmes-hommes et un équilibre entre 18–21 ans et 22–25 ans.
À PROPOS DE SO YOUTH!
So Youth! est un cabinet d’études et de conseil fondé par la sociologue et consultante Béatrice Decoop. Spécialisé dans l’analyse des attentes, des représentations et des aspirations des jeunes générations, le cabinet accompagne écoles et entreprises dans l’évolution de leur stratégie de marque et de leurs pratiques managériales face aux transformations sociétales.
À PROPOS DE L’ESG LUXE
L’ESG Luxe est une école spécialisée dans le commerce et le marketing du luxe. Elle propose des formations du post-bac au Bac+5 délivrant des titres RNCP reconnus par l’État, conçues pour préparer les étudiants aux métiers des secteurs du luxe, de la mode, de la beauté, de l’hôtellerie ou encore de la joaillerie. Présente sur 10 campus en France (Aix-en-Provence, Biarritz, Bordeaux, Dijon, Lyon, Montpellier, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse), l’ESG Luxe associe enseignements académiques, projets professionnalisants et interventions de professionnels du secteur. L’école forme ainsi des profils capables de comprendre les spécificités, les codes et les enjeux stratégiques des industries du luxe.
AGENCE 40 HERTZ
Pauline GERMAIN // pauline.germain@40hertz.fr // +33 (0)6 07 54 69 72
Bénédicte BARON // benedicte.baron@40hertz.fr // +33 (0)6 63 09 69 28
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