Claire et Anatole : de l’école d’ingénieur à la création de leur marque
Passionnés par l’univers de la cosmétique, Claire et Anatole ont suivi un parcours atypique mêlant ingénierie, marketing et entrepreneuriat. Diplômés de l’ESG Luxe, ils ont choisi de se lancer dans la création de leur propre marque de cosmétiques masculins. Créée officiellement le 24 mai, leur entreprise a commercialisé ses premiers produits quelques mois plus tard, le 2 novembre. Retour sur une aventure entrepreneuriale construite à deux, entre complémentarité, audace et apprentissage.
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer comment vous vous êtes rencontrés tous les deux ?
Claire : Moi, c’est Claire, et voici mon collaborateur Anatole. On a 27 et 28 ans. On s’est rencontrés en école d’ingénieur, un peu de façon particulière, puisqu’on s’est retrouvés dans la même promotion après un redoublement. Ensuite, on a intégré la même liste BDE, ce qui nous a beaucoup rapprochés. Petit à petit, on a commencé à faire nos révisions et nos projets de groupe ensemble. En fait, on faisait de plus en plus de choses ensemble, et c’est comme ça qu’on est devenus amis.
Anatole : On était dans une école d’ingénieur en chimie, donc il y avait déjà un lien avec l’univers de la cosmétique. C’est à cette période qu’on s’est liés d’amitié et qu’on a commencé à parler de l’idée de créer quelque chose ensemble. À l’époque, on savait déjà qu’on voulait travailler dans la cosmétique, mais on n’avait pas encore de projet précis. On était surtout concentrés sur notre diplôme d’ingénieur. Une fois diplômés, on a voulu compléter notre parcours avec une spécialisation en marketing. L’idée, c’était d’avoir à la fois l’expertise technique de l’ingénieur et la dimension marketing et commerciale. C’est pour ça qu’on s’est tous les deux tournés vers l’ESG Luxe, notamment parce que l’école proposait une spécialisation en cosmétique, ce qui reste assez rare. Depuis, on a suivi le même parcours, et ça fait maintenant plusieurs années qu’on avance ensemble.
Avant l’ESG Luxe, quel était votre parcours et à quel moment avez-vous commencé à vous intéresser au monde de la cosmétique et de l’entrepreneuriat ?
Claire : Notre parcours a commencé en école d’ingénieur, où l’on s’est rencontrés. On a suivi notre formation ensemble, mais ce qui nous a vraiment rapprochés, c’est un stage que nous avons effectué tous les deux dans une petite entreprise à Vincennes.
À l’époque, on travaillait sur de la formulation cosmétique, et c’est là qu’on s’est rendu compte qu’on formait un binôme complémentaire. Anatole était très à l’aise sur toute la partie scientifique, tandis que moi, je me suis davantage orientée vers le marketing.
Cette expérience a été un vrai déclic. On a réalisé qu’on travaillait très bien ensemble et qu’on pourrait, un jour, créer quelque chose à deux. L’idée a mûri au fil de nos études, notamment à l’ESG, à travers différents projets qui nous ont passionnés, en particulier autour de la cosmétique masculine.
C’est finalement de cette passion commune et de nos expériences respectives qu’est née notre envie d’entreprendre. »
Anatole : Ce stage a vraiment été le point de départ de notre projet. On travaillait dans un laboratoire tenu par une seule personne, qui donnait également des cours à côté. Elle était donc souvent absente, ce qui nous a rapidement donné beaucoup d’autonomie.
Concrètement, on gérait tout : de la réflexion sur les formules jusqu’aux tests, en passant par les échanges avec les clients. On devait aussi expliquer le choix des actifs, des ingrédients et réfléchir à la manière de valoriser le produit.
Cette expérience nous a permis de découvrir toutes les facettes de l’entrepreneuriat. Et c’est là qu’on s’est dit qu’à deux, on était capables de créer un projet de A à Z. C’était vraiment le début de l’aventure.
Qu’est-ce qui vous a motivés à rejoindre l’ESG Luxe, et en quoi cette école correspondait à votre projet ou à vos ambitions à ce moment-là ?
Claire : Ce qui nous a vraiment convaincus de rejoindre l’ESG Luxe, c’est la spécialisation en cosmétique. Pour nous, c’était important de poursuivre avec un master spécialisé. En école d’ingénieur, on avait déjà quelques bases en marketing, mais ça restait assez limité. On avait eu environ six mois de cours, ce qui n’était pas suffisant pour les projets qu’on avait en tête.
On voulait approfondir nos compétences, à la fois dans l’univers de la cosmétique et sur les aspects marketing et commerciaux. Et des masters spécialisés en cosmétique en France, il n’y en a pas tant que ça.
Finalement, c’est un peu par hasard que tout s’est fait. J’ai commencé à passer les concours de l’ESG et j’en ai parlé à Anatole. Il s’est dit : “Pourquoi pas ?”, et on a finalement passé les concours tous les deux. On a eu la chance d’être admis dans la même promotion, et c’est comme ça que l’aventure a commencé.
Anatole : Ce que j’ai particulièrement apprécié à l’ESG Luxe, c’est l’approche très orientée projet. On travaille beaucoup en équipe et sur des cas concrets.
Par rapport à notre parcours d’ingénieur, qui était plus académique, c’était très différent. Là, on réfléchissait à un projet dans son ensemble : la cible, les distributeurs, les fournisseurs… On abordait toutes les dimensions d’une marque ou d’une entreprise. Cette approche était très complémentaire de notre formation initiale et nous a beaucoup aidés pour la suite.
Claire : Il y avait aussi une vraie diversité de profils. On venait d’un univers très scolaire, où chacun avançait surtout de son côté.
À l’ESG Luxe, on a appris à travailler avec des personnes ayant des parcours très différents, notamment des étudiants issus d’écoles de commerce. C’était hyper enrichissant humainement, parce qu’on a beaucoup appris les uns des autres.
Anatole : Personnellement, j’ai davantage vécu mon année à l’ESG comme un accompagnement que comme une formation classique. Les intervenants étaient là pour nous guider dans nos projets, nous challenger et nous faire avancer, plutôt que simplement transmettre un cours théorique. C’est une approche que j’ai vraiment appréciée.
Claire : C’était un parcours très différent de ce qu’on avait connu auparavant, mais justement, c’est ce qui l’a rendu si bénéfique pour nous deux. On a découvert une nouvelle façon d’apprendre et de travailler, qui nous a beaucoup apporté.
Pendant vos études à l’ESG Luxe, y a-t-il eu un cours, une rencontre ou une expérience qui a réellement influencé votre vision de l’entrepreneuriat ou du luxe ?
Claire : Je pense qu’on a tous les deux été particulièrement marqués par deux professeurs pendant nos études. Le premier, c’est Monsieur Quagagliara, qui enseignait notamment l’écologie. Il avait lui-même créé une entreprise dans la cosmétique, donc son expérience nous parlait beaucoup.
À chaque fois qu’on se posait des questions, il nous apportait des conseils très pertinents, avec une approche à la fois entrepreneuriale et scientifique. Comme il venait lui aussi d’un parcours scientifique, on s’est vraiment sentis compris. Il a clairement eu un rôle important dans notre parcours.
L’autre personne, c’est Arthur Ménage. J’ai eu l’occasion d’échanger davantage avec lui, notamment parce qu’il m’a proposé d’intervenir ensuite à l’ESG en tant que professeure. Lui incarnait vraiment l’esprit entrepreneurial : quelqu’un qui a construit son parcours par lui-même et qui a toujours été de très bon conseil.
Il a suivi notre évolution avec beaucoup de bienveillance, en prenant régulièrement des nouvelles de notre projet. Je pense sincèrement qu’il fait partie des personnes qui ont marqué notre parcours à cette période.
À quel moment l’idée d’Apollo Cosmétique est-elle née, et est-ce que cela s’est fait pendant vos études ou après ?
Claire : Je pense que l’idée a vraiment commencé à prendre forme pendant un cours où l’on devait travailler sur une marque de cosmétique. Avec Anatole, on avait choisi d’étudier Horace, une marque qui nous intéressait beaucoup à l’époque, notamment pour son positionnement et sa façon de communiquer.
C’était aussi une marque de cosmétique masculine, un univers qui nous attirait particulièrement. En réfléchissant à son évolution et aux opportunités du marché, on s’est dit que si un jour on créait notre propre marque, certaines des idées que l’on développait pourraient être très intéressantes.
Anatole : Au départ, on réalisait surtout des analyses de marché. Et à force d’étudier des marques de cosmétiques, on s’est rendu compte que le marché masculin faisait partie des segments les plus dynamiques du secteur.
Alors que d’autres catégories étaient plutôt stables, celui-ci continuait de progresser. On a rapidement compris qu’il y avait une vraie opportunité à saisir.
Claire : Ce cours a clairement été un tournant. C’est là qu’on s’est dit que si l’on montait un projet un jour, ce serait dans la cosmétique masculine.
Malgré tout, en sortant de nos études, on s’était laissé la possibilité de commencer par une carrière salariée. C’était rassurant et on imaginait plutôt lancer notre entreprise après plusieurs années d’expérience dans de grands groupes du secteur.
Et puis finalement, le marché de l’emploi n’était pas forcément au meilleur moment quand on est sortis d’école. Un jour, on s’est retrouvés autour d’un café et on s’est posé une question très simple : plutôt que d’attendre, pourquoi ne pas consacrer notre temps à construire notre propre projet ? C’est un peu comme ça que tout a commencé.
Anatole : La vraie histoire est même assez drôle. On devait assister à une conférence sur les nouvelles technologies, mais on s’est fait refouler à l’entrée.
On était un peu frustrés, alors on est allés boire un verre à la place. Et c’est pendant cette discussion qu’on s’est dit : “Allez, on se lance.”
Claire : C’était vers le mois de mars, et deux mois plus tard, en mai, on créait déjà les premiers statuts de l’entreprise.
Quelles ont été les plus grandes difficultés au début de la création d’Apollo Cosmétique, que ce soit au niveau produit, financement ou positionnement de marque ?
Claire : Honnêtement, quand on a lu cette question, on a tout de suite pensé à la partie administrative. Au début, je parlais plutôt du financement, mais Anatole m’a rappelé que l’URSSAF avait quand même été une sacrée épreuve.
Anatole : On aborde un peu ces sujets en cours de gestion, mais quand on se retrouve réellement confrontés à la création d’une entreprise, c’est une toute autre histoire.
La rédaction des statuts, le dépôt de marque, toutes les démarches juridiques et administratives… ce sont des choses qu’on découvre souvent sur le tas.
Claire : Sur cet aspect-là, on est vraiment partis de zéro. On n’était ni juristes, ni comptables, et il a fallu apprendre au fur et à mesure.
Je pense que ça a été l’une des parties les plus difficiles du projet.
Anatole : C’est aussi une source de stress permanente, parce qu’on a toujours peur d’oublier quelque chose ou de faire une erreur qui pourrait avoir des conséquences par la suite.
Claire : Le financement a également représenté un vrai défi. Mais on a eu la chance de rencontrer un banquier qui a cru en notre projet dès le départ et qui nous a accompagnés tout au long du processus.
Et pourtant, ce n’était pas le premier que nous avions rencontré. Trouver la bonne personne a vraiment fait la différence.
Claire : Avec le recul, je pense que tout le travail réalisé à l’ESG Luxe sur les projets nous a beaucoup aidés. On avait déjà appris à construire une idée, à identifier ce qui la rendait pertinente et à expliquer pourquoi elle méritait d’exister.
Toutes ces réflexions ont été essentielles lorsqu’il a fallu défendre notre projet auprès de partenaires ou d’investisseurs.
Anatole :Concrètement, on n’avait jamais eu à présenter un projet de cette façon auparavant. Il fallait apprendre à mettre en avant nos compétences, notre vision et les raisons pour lesquelles notre projet m éritait d’être soutenu.
Claire : Et s’il y a une chose que j’aimerais transmettre aux étudiants de l’ESG Luxe, c’est l’importance de la double compétence.
Dans notre cas, le mélange entre notre formation d’ingénieur et nos compétences en marketing a été un vrai atout. On apportait à la fois une expertise technique et une bonne compréhension du marché.
Je pense que c’est aussi ce qui a rassuré notre banquier. Il a vu deux jeunes avec un projet solide, une vision claire et des compétences complémentaires. Et finalement, cette combinaison nous a énormément apporté dans la construction de notre entreprise.
Aujourd’hui en tant qu’alumni de l’ESG Luxe et entrepreneurs, comment votre formation vous aide-t-elle concrètement dans la gestion et le développement de votre entreprise ?
Claire : Je pense que l’ESG Luxe nous a surtout apporté une meilleure compréhension du marché et de tous les outils qui l’entourent.
Par exemple, en sortant d’école d’ingénieur, on ne connaissait quasiment rien aux réseaux sociaux ni à leur utilisation dans le développement d’une marque.
Anatole : Aujourd’hui, c’est pourtant devenu indispensable. Une grande partie de la communication et de la visibilité d’une entreprise passe par là.
Claire : C’est pareil pour tout ce qui concerne le référencement et la visibilité en ligne. Avant l’ESG, on n’avait jamais entendu parler de SEO.
Quand on a commencé à travailler avec les prestataires qui géraient notre site internet, on avait déjà quelques bases. On n’était pas experts, bien sûr, mais au moins on comprenait les enjeux et leur manière de travailler. Ça facilite énormément les échanges et le pilotage des projets.
Aujourd’hui encore, ces compétences nous servent pour faire évoluer la marque, réfléchir à notre positionnement, à notre image et aux orientations que l’on souhaite prendre. »
Anatole : On a aussi appris à penser marketing sur le long terme. Anticiper les temps forts comme Noël, la fête des Pères ou la Saint-Valentin, par exemple.
Ce sont des choses auxquelles on ne prêtait pas forcément attention avant, alors qu’elles sont essentielles pour construire une stratégie de communication efficace.
Claire : Oui, aujourd’hui, ce sont des réflexes que l’on a beaucoup plus naturellement.
Et puis il y a aussi toute la dimension humaine et managériale. Si un jour on a la chance d’accueillir des collaborateurs, des alternants ou des stagiaires, j’aimerais vraiment pouvoir transmettre ce qu’on a appris à notre tour.
Accompagner quelqu’un dans son évolution, partager son expérience et l’aider à progresser, c’est quelque chose qui me motive énormément pour l’avenir.
Si vous deviez donner un conseil à un étudiant de l’ESG Luxe qui veut se lancer dans l’entrepreneuriat dans le secteur de la cosmétique, lequel serait-il ?
Claire : Le premier conseil que je donnerais, c’est d’oser se lancer. Ça fait peur, forcément, mais il faut essayer.
Anatole : Et surtout, il faut accepter que l’échec ne soit pas quelque chose de grave.
Claire : C’est exactement l’état d’esprit qu’on avait dès le départ. On s’était dit que si ça fonctionnait, tant mieux, ce serait notre carrière. Et si ça ne marchait pas, on aurait quand même vécu une expérience incroyable.
Honnêtement, on n’aurait jamais imaginé se retrouver à faire des bilans comptables un 30 décembre ou à gérer toutes les responsabilités liées à une entreprise. Rien que pour ça, l’aventure vaut le coup.
Anatole : Même lorsque le projet n’aboutit pas comme prévu, l’expérience reste extrêmement enrichissante.
Avoir tenté de créer quelque chose, d’aller au bout d’une idée, c’est toujours valorisant. Ça montre de la motivation, de l’initiative et une vraie capacité à porter un projet.
Claire : Et puis, même si ce n’est pas forcément un conseil universel, nous avons aussi appris à ne pas trop réfléchir.
La décision de nous lancer a été très rapide. En deux mois, tout était parti. Avec le recul, je pense que si nous avions passé des mois à peser le pour et le contre, nous ne l’aurions probablement jamais fait.
On apprend en avançant. On fait de bons choix, parfois moins bons, mais c’est aussi comme ça qu’on progresse.
Anatole : Il y aura toujours des inconnues et des risques. Si on attend d’avoir toutes les réponses avant de commencer, on ne se lance jamais.
À un moment, il faut avancer, prendre des décisions et s’adapter au fur et à mesure. Rien n’est parfait dès le départ, mais la plupart des difficultés se surmontent.
Anatole : Je pense aussi qu’il faut avoir confiance en soi et en son projet. Une entreprise est avant tout portée par les personnes qui la construisent.
Il y aura toujours des gens qui n’adhéreront pas à votre idée, mais d’autres y croiront. L’essentiel est de rester convaincu de ce que l’on fait.
Claire : Et surtout, il faut bien s’entourer. Pour nous, c’est une vraie force d’avoir construit ce projet à deux.
Mais même lorsqu’on entreprend seul, il est important de pouvoir compter sur des proches, des amis, des professionnels ou simplement des personnes de confiance.
Claire : Faire vivre son réseau est essentiel. À l’ESG Luxe, on en parlait beaucoup et, avec le recul, je comprends pourquoi.
Quand nous avons dû gérer certaines démarches administratives ou juridiques, nous avons trouvé dans notre entourage des personnes capables de nous orienter ou de nous rassurer. Parfois, un simple conseil peut faire gagner un temps précieux.
Claire : L’entourage est aussi indispensable dans les moments plus compliqués. Entreprendre peut être mentalement exigeant et il est important de pouvoir partager ses doutes, ses questionnements ou ses difficultés.
Nous avons la chance de pouvoir échanger constamment tous les deux, et ça aide énormément à avancer.
Claire : Malgré les défis, ça reste une aventure incroyable. Je me souviens encore de la première fois où nous avons reçu nos produits. On était comme des enfants.
À l’époque, je le disais souvent à mes étudiants à l’ESG Luxe : si vous avez un projet entrepreneurial qui vous tient à cœur, lancez-vous. Ça peut être l’une des plus belles expériences de votre vie.
Anatole : Aujourd’hui, entreprendre est aussi plus accessible qu’avant. Bien sûr, il faut construire un modèle viable et réussir à en vivre, mais tout ne doit pas forcément se faire du jour au lendemain.
On peut commencer à côté d’une autre activité, développer son projet progressivement, puis basculer à temps plein lorsque l’entreprise est prête. C’est aussi une manière de se lancer plus sereinement.