A la rencontre d'Alexandre, fondateur de SAINT LOUP


Publié le 25 janvier 2026
saint loup

Après avoir présenté la genèse du projet SAINT LOUP et la vision de son fondateur, Alexandre revient plus en profondeur sur les fondements de SAINT LOUP : la relocalisation d’une filière disparue, le choix de la soie comme matière manifeste, et une approche du luxe résolument ancrée dans le patrimoine, la souveraineté et la transition écologique.

Cette interview permet ainsi d’éclairer concrètement les enjeux abordés dans notre premier article de présentation, en donnant la parole à un entrepreneur qui réinvente le luxe à partir du terrain, du temps long et du sens.

1. Pour commencer, peux-tu te présenter et expliquer simplement ce qu’est Saint Loup ?

SAINT LOUP relocalise le savoir-faire de la production du fil de soie en France, de l’élevage de vers à soie jusqu’à la confection de foulards uniques au monde.

Cela fait 15 ans que je crée et développe des entreprises culturelles, sociales et écologiques autour du monde et en France. Cela surprend parfois, pour quelqu’un passé par HEC, Sciences Po, le BCG et un cabinet ministériel. Tout cela est pourtant cohérent : l’aventure SAINT LOUP est à la jonction de mes combats pour le patrimoine du Sud brut, l’excellence de nos savoir-faire et la transition écologique, au plus près de mes racines, puisque j’ai grandi au pied du Pic Saint Loup.

Pourquoi as-tu choisi la soie comme point de départ de ton projet ?

Car elle a toutes les vertus : 100% naturelle, avec des mûriers 100% bio qui sont autant de puits de carbone, avec des emplois 100% français, en réinventant un patrimoine séricicole qui ne tenait plus qu’à un fil.

Aujourd’hui, que reste-t-il de la production de soie en France ?

Ce que SAINT LOUP produit, ni plus ni moins. On fabriquait 26.000 tonnes de soie en France en 1853. Puis la filière s’est éteinte à coups de maladies, de concurrence du nylon et de délocalisations.

En 2025, SAINT LOUP a fabriqué les premiers foulards de soie française depuis le siècle dernier. En aval du fil de soie, il existe encore des partenaires, parfois fragiles qui ont préservé les savoir-faire de moulinage, tissage, ennoblissement, confection.

saint loup

En quoi Saint Loup est-il différent des autres maisons qui travaillent la soie ?

SAINT LOUP est la seule maison qui fabrique et travaille de la soie française. Notre boussole privilégie la souveraineté, le patrimoine local et l’écologie, à la maximisation des profits financiers à court-terme.

Pourquoi était-il important pour toi de produire ton propre fil en France ?

Rien ne justifiait que la filière soit morte, il fallait la ressusciter. Les écarts de coût de main d’œuvre entre la Chine et la France se seront réduits x5 ces 30 dernières années, et les questions d’empreinte écologique et de souveraineté ne peuvent plus être mises sous le tapis par les acteurs des filières textiles.

L’impact est phénoménal : évitement d’émissions de gaz à effet de serre, plantation de puits de carbone locaux, création d’emploi local, revitalisation d’un patrimoine que l’on croyait condamné aux musées…

Lancer un projet comme Saint Loup implique forcément des contraintes. Qu’est-ce qui a été le plus difficile à mettre en place ?

La patience. Je suis impatient, or les mûriers et les vers à soie ont leur rythme…

Que penses-tu de l’évolution du luxe aujourd’hui ?

Il est formidable que les marques se saisissent sincèrement des enjeux sociaux et environnementaux. Pas uniquement pour être en conformité avec les exigences réglementaires, mais aussi pour plaire aux clients qui se soucient de plus en plus des vices et vertus de leur consommation.

Que souhaites-tu transmettre à travers Saint Loup, au-delà du produit ?

L’amour du Sud brut, où j’ai grandi. Ce pays de garrigue rocailleuse d'où jaillit un thym aux fleurs modestes, à l’ombre des mûriers dont on nourrissait les vers à soie.

Pour conclure, comment aimerais-tu que Saint Loup soit perçu dans les années à venir ?

Comme un phare, tant pour les amoureux de la soie qui chérissent les savoir-faire qui font le patrimoine de la France, que pour les entrepreneurs qui songent à relocaliser des filières en France et qui entendent trop souvent, à tort, que tout est impossible.

Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui souhaite entreprendre dans le luxe ?

Commence aujourd’hui, en fabriquant une première pièce et en trouvant ton premier client.

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