Line RAAD, étudiante en mastère marketing du Luxe – Bijouterie et Joaillerie
À 23 ans, Line Raad s’impose déjà comme un jeune talent du secteur du luxe. Aujourd’hui en Mastère 2ème année de Marketing du Luxe, spécialisation bijouterie et joaillerie à l’ESG Luxe, elle poursuit son alternance au sein de Chanel, au pôle Retail Engagement. Avant d’intégrer l’école, Line a enrichi son parcours à travers des expériences variées, de Valentino à Joseph Duclos, puis Chanel. Curieuse et déterminée, elle a développé un profil mêlant expertise terrain et sens du client, qui lui permet d’évoluer avec assurance au sein de l’une des maisons les plus iconiques du secteur.
Bonjour Line, peux-tu te présenter ?
Je suis Line Raad, j’ai 23 ans et je poursuis actuellement un Mastère 2ème année en Marketing du Luxe, spécialisé en bijouterie et joaillerie. J’ai intégré l’ESG Luxe cette année et je réalise mon alternance chez Chanel, au sein de l’équipe Retail Engagement, où j’occupe le poste d’assistante Retail Engagement depuis septembre.
Peux-tu nous expliquer ton parcours avant l’ESG Luxe ?
Après mon baccalauréat ES, obtenu avec une mention bien et une option en anglais européen durant l’année du COVID, j’ai commencé mes études par un DUT Technique de Commercialisation, avant la réforme. Ma première année s’est déroulée entièrement en distanciel, toujours en raison du contexte sanitaire. J’y ai réalisé un premier stage de trois semaines au Printemps de Deauville, en tant que conseillère de vente mode femme.
En deuxième année, j’ai choisi l’option Développement commercial. J’ai effectué un nouveau stage en vente, cette fois au sein de la maison Valentino, pour une durée de deux mois, qui a été suivi d’un CDD durant l’été en boutique.
Pour ma troisième année d’études, je suis arrivée à Paris afin d’intégrer l’EM Normandie en Bachelor Management International. J’ai réalisé cette année en alternance chez Joseph Duclos, une jeune maison de haute maroquinerie située Faubourg Saint-Honoré.
J’ai ensuite poursuivi avec un Master Grande École, spécialisé en Luxury Retail et Brand Management, à la Paris School of Business, dans le parcours anglophone. Toujours en alternance, j’ai rejoint Chanel en tant que Fashion Advisor. Cette expérience m’a ensuite permis de changer de division tout en restant dans la maison, où je poursuis aujourd’hui mon alternance dans le cadre de mon second master.
Pourquoi avoir choisi l’ESG Luxe pour poursuivre tes études ?
À la base, je n’avais pas vraiment prévu de poursuivre mes études. Mais en observant le marché du travail, je me suis rendu compte que, très honnêtement, les opportunités qui s’offraient à moi se limitaient surtout à des CDD de six mois dans la vente, renouvelables… ou pas du tout. Plutôt que d’accepter un contrat juste pour “combler un vide”, j’ai préféré me spécialiser et continuer à me former en attendant que la situation de l’emploi s’améliore.
En effectuant mes recherches, j’ai découvert que l’ESG Luxe était l’une des seules écoles à proposer des Mastères dans le luxe avec de vraies spécialisations. Comme je m’intéressais déjà à l’horlogerie et à la joaillerie, c’était clairement la voie la plus logique pour moi. J’ai donc choisi cette école pour cette option en particulier.
Comment l’école t’a préparé à cette alternance (cours, projets, intervenants…) ?
En réalité, lorsque j’ai candidaté à l’école, j’avais déjà trouvé mon alternance et j’étais en plein processus de recrutement. Ce qui m’a surtout attirée à l’ESG Luxe, ce sont toutes les opportunités proposées autour des formations. On est entourés de professionnels du secteur et on a accès à des parcours complémentaires très valorisants.
Par exemple, j’ai été inscrite au programme Watch Expert de la FHH. Si j’avais dû le passer par moi-même, cela aurait représenté un coût supplémentaire, alors que là, c’est un vrai bonus pour mon CV. C’est totalement cohérent avec mes objectifs : cette année, je voulais vraiment approfondir mes connaissances. La FHH est très reconnue dans ce domaine, donc j’espère que cela fera la différence lors de futurs recrutements.
Quoi qu’il arrive, cette formation va m’apporter des compétences techniques, pas seulement commerciales ou marketing et me permettre d’acquérir une vraie légitimité face à un employeur. Pouvoir dire que j’ai été formée par une institution reconnue, c’est un atout indéniable.
Qu’est-ce qui t’a motivé à rejoindre une maison comme Chanel ?
J’ai travaillé pour de belles maisons, mais Chanel est celle qui m’a réellement fait grandir. C’est une entreprise bienveillante, qui accompagne et valorise ses alternants et stagiaires dès lors qu’ils montrent de l’intérêt et de la motivation.
J’ai choisi cette maison par affinité profonde avec son univers, sa communication et ses icônes, comme l’eau de parfum Chanel N°5, ancrées dans notre culture. Rejoindre une maison aussi emblématique a été pour moi une véritable école du terrain, où l’on ne vend pas seulement un produit, mais une expérience et un rêve.
Quel poste occupes-tu chez Chanel ?
Je travaille dans l’équipe Learning Retail Engagement en tant qu’assistante, aux côtés de deux autres personnes sur mon pôle : ma responsable et une cheffe de projet. Nous intervenons essentiellement au niveau global. Concrètement, notre rôle consiste à créer et gérer des contenus de formation à l’échelle mondiale. Ensuite, ces informations sont relayées sur les différents marchés. Le niveau global assure une communication descendante : par exemple, nous communiquons sur les lancements de produits ou formons les formateurs des différents marchés sur divers sujets. Ces formateurs, à leur tour, transmettent les informations aux équipes locales dans chaque point de vente.
Pour illustrer, si nous travaillons depuis Paris sur le lancement d’une nouvelle pièce, nous allons former les learning managers situés, par exemple, aux États-Unis. Ces derniers se chargent ensuite de former tous les vendeurs et managers dans leurs boutiques, assurant ainsi que tout le personnel retail soit parfaitement préparé.
Comment se déroule une journée type en alternance ?
Mon poste est très différent de celui que j’occupais en boutique et chaque journée peut varier énormément. Une journée typique commence par un point sur l’emploi du temps et la préparation des sujets à traiter. Ensuite, on échange beaucoup, que ce soit avec les collègues présents dans notre open space ou avec les personnes que l’on rencontre en réunion.
L’essentiel du travail consiste à découvrir des sujets, échanger, et réfléchir à comment faire progresser les projets en cours pour qu’ils soient clairs, fluides et complets. Cela implique de la communication, répondre aux mails, travailler sur les projets, participer à des réunions, et parfois se déplacer, que ce soit en boutique ou dans d’autres bureaux, pour rencontrer d’autres collaborateurs.
Il n’y a jamais de journées identiques puisque les projets sont différents. Le poste est très riche et varié, avec beaucoup d’autonomie. On apprend beaucoup sur le tas et en collaborant avec les autres, toujours dans l’objectif de mettre les choses à plat pour que tout soit clair et accessible à tous.
Y a-t-il une mission ou un projet dont tu es particulièrement fière ?
L’année dernière, alors que j’étais Fashion Advisor, j’ai eu l’opportunité de devenir Learning Ambassador malgré mon rythme d’alternance. Cette expérience m’a permis d’intégrer une communauté d’ambassadeurs en boutique, d’accéder à de nombreuses formations et d’échanger avec des collègues issus d’autres boutiques aux réalités différentes.
J’ai été particulièrement fière de pouvoir partager mes idées, construire des briefs et former des personnes parfois plus expérimentées que moi. La confiance qui m’a été accordée a, je pense, joué un rôle clé dans l’évolution vers mon poste actuel, en mettant en avant ma motivation et mon engagement.
Concrètement, chaque boutique disposait de ses ambassadeurs learning : le siège fournissait les contenus, que nous adaptions librement avant de les présenter à l’ensemble des équipes. Des temps d’échanges entre ambassadeurs nous permettaient également de partager nos bonnes pratiques et d’innover dans nos formats. Une expérience très enrichissante, tant sur le plan humain que professionnel.
Comment s’est passé ton intégration dans une maison aussi prestigieuse que Chanel ?
En général, l’accueil chez Chanel est vraiment exceptionnel. Quand je suis arrivée au siège, c’était lors d’une réunion, mais on a pris le temps de me présenter chaque membre de l’équipe et j’ai été accueillie avec un petit-déjeuner. Il y a vraiment cette dimension de convivialité, qui est très importante au sein de la maison.
On m’a expliqué les choses pas à pas, en me présentant les projets et les outils progressivement. J’ai également participé à des journées d’intégration avec tous les alternants et stagiaires de la division horlogerie-joaillerie. Pendant ces journées, nous avons revu les icônes de la maison, les dates clés, le top management, ainsi que les modes de fonctionnement internes. Une partie RH était également prévue, pour nous présenter les différents outils dont nous pouvions avoir besoin.
C’est vraiment un moment pensé pour que chaque nouvel arrivant ait une vision claire et complète de la maison dès le départ.
Qu’est-ce qui t’a le plus surpris dans la culture interne ou le mode de fonctionnement de l’entreprise ?
Ce qui m’a vraiment surprise, c’est que dans une maison aussi grande, il règne un sentiment familial et une grande bienveillance. Ce n’est pas une question de chance de tomber sur des personnes humaines et agréables : c’est une véritable culture d’entreprise, où l’humain est au centre et où l’écoute est primordiale. Chacun s’adapte pour que tout le monde puisse trouver sa place, et la maison est très inclusive à ce niveau.
La parole est laissée à tous, sans que l’ancienneté ne crée une hiérarchie de légitimité. Même une nouvelle arrivante peut partager ses idées, qui seront écoutées et considérées. Parfois, certaines idées ne sont pas intégralement mises en œuvre, mais des éléments peuvent être repris dans d’autres projets.
Cette ouverture s’étend aussi aux collaborateurs externes : leurs propositions sont entendues et peuvent influencer les projets. Cette liberté de parole crée une dynamique d’innovation constante, où chacun peut contribuer et apporter des améliorations.
Quelles sont les savoir-faire et savoir-être que tu as développées grâce à cette expérience ?
Concernant le côté savoir-être, j’ai beaucoup travaillé sur ma patience, surtout en boutique. Il faut savoir prendre le temps avec le client : l’écouter, le conseiller, le comprendre, le questionner, et créer une véritable relation de confiance. Cela demande beaucoup d’empathie et de patience. Parfois, les échanges ne donnent pas le résultat attendu, et il faut l’accepter, c’est un enjeu classique du retail.
Et concernant le côté savoir-faire, il y a l’utilisation des outils, la gestion de projet, et bien sûr la relation client. Que ce soit dans mon expérience en boutique ou maintenant au siège, l’accent est toujours mis sur l’excellence de la relation humaine et autour du produit. Chanel est une maison d’excellence, au sommet du marché du luxe et cette position se justifie par l’attention exceptionnelle portée au client.
Y a-t-il un enseignement ou un encadrement de l’ESG Luxe qui t’a été particulièrement utile chez Chanel ?
Les cours avec les intervenants sont vraiment les plus enrichissants car on entre directement dans le vif du sujet. On aborde des thématiques très concrètes : gemmologie, marché des diamants, marché des pierres précieuses, ou encore horlogerie. On se concentre sur le côté technique et le fonctionnement du marché, plutôt que sur le marketing.
On découvre les pratiques commerciales actuelles, ce qui se fait ou ne se fait pas, et on apprend le jargon spécifique à ce secteur. Les intervenants partagent aussi leurs expériences et anecdotes, ce qui nous permet de nous inspirer et d’éviter certaines erreurs dans notre parcours professionnel. Ces cours sont donc très concrets et parlants.
As-tu découvert des aspects du secteur du luxe que tu ne soupçonnais pas auparavant ?
Pour l’instant, c’est encore un peu tôt pour tirer des conclusions, mais j’ai trouvé très intéressant d’avoir des cours sur la RSE. Aujourd’hui, l’éthique est un sujet central, surtout dans le secteur du diamant, de la bijouterie ou de l’extraction de l’or et des mines.
Je trouve essentiel d’aborder ces questions, d’autant plus que de nombreuses maisons de luxe font vraiment attention à leur communication et à leurs méthodes de production. Être confronté à ces sujets d’actualité nous pousse à réfléchir et à envisager de nouvelles manières d’agir. C’est donc un aspect vraiment positif de la formation.
En quoi cette alternance t’a-t-elle aidée à préciser ton projet professionnel ?
Je me projette à court, moyen et long terme au sein de la maison et j’ai vraiment l’ambition de continuer à y évoluer. J’aimerais contribuer à différents projets, en mettant à profit mon expérience sur le terrain et retail pour l’appliquer dans des domaines comme le learning, le développement commercial ou l’ouverture de boutiques.
Mon objectif est de lier la pratique à la théorie : savoir ce qui est réalisable sur le terrain, mais aussi identifier ce qui est plus complexe ou impossible, et ainsi rendre les projets concrets et applicables.
À plus long terme, je me vois travailler à l’international, idéalement avec la maison. J’aimerais découvrir cet aspect international qui m’a un peu manqué dans mon parcours fait essentiellement d’alternances. Le Moyen-Orient, par exemple, représente des opportunités émergentes intéressantes.
Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté sur le plan personnel ?
Je ressens aujourd’hui beaucoup de confiance en moi et de sérénité. Chanel est une maison très prestigieuse, mais qui reste accessible à ceux qui sont motivés et déterminés. J’ai eu la chance d’y entrer et maintenant que j’y suis, je n’ai plus envie de partir : je me sens vraiment liée à cette maison.
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la bienveillance et l’attention portée au bien-être. Chanel valorise l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. On peut être amené à travailler sur des projets qui demandent du temps et de l’investissement, mais on nous rappelle toujours l’importance de préserver cet équilibre, ce qui est vraiment rassurant et motivant.
Souhaites-tu poursuivre dans l’univers du luxe après ton diplôme ? Si oui, dans quelles fonctions ?
Oui, c’est clairement ma vocation : je me vois évoluer soit dans le learning, soit dans le développement commercial.
Quel conseillerais-tu aux étudiants qui souhaitent intégrer une maison de luxe en alternance ?
Il est essentiel de capitaliser sur son expérience. J’ai eu de nombreux stages et emplois, saisonniers ou non, et j’ai compris qu’il faut parfois se créer ses propres opportunités.
Il est important de prendre le temps de réfléchir à ce que l’on veut vraiment faire. Dans ce type de maison, on te donne une chance, mais il faut arriver avec une direction claire en tête. Même lorsque j’étais encore en boutique, on m’a demandé : « Qu’est-ce que cela va t’apporter de rejoindre le siège ? Que souhaites-tu apprendre et sur quoi vas-tu contribuer ? »
Il faut donc savoir à l’avance vers quelle direction on veut aller, ce que l’on veut accomplir et devenir. L’expérience est cruciale, et il est important de commencer le plus tôt possible à travailler, à apprendre, à rencontrer des professionnels et à enrichir son réseau. C’est vraiment un facteur clé pour avancer.
Est-ce que tu as autre chose à leur partager pour finir l’interview ?
Si l’on souhaite rejoindre cette industrie, il faut avant tout montrer sa motivation et sa capacité à proposer de bonnes idées. Les opportunités viendront ensuite, mais il faut savoir les saisir au bon moment.
Parfois, il ne suffit pas d’attendre : il faut se créer ses propres opportunités, poser des questions, être curieux et aller à la rencontre des bonnes personnes.